Embruns : exposition à la médiathèque d’Agneaux

J’ai pensé au voyage, à la mer, habiter un lieu pour lui proposer autre chose. Je charge en moi des particules de sel, des bouts de mémoire secondes et beaucoup d’écume. La forme la plus proche et la plus légère serait les embruns.

En cherchant sur internet une définition pour ce mot j’ai trouvé ceci :
Une poussière de gouttelettes formée par les vagues qui se brisent, et emportée par le vent.

Je vais donc retenir ces poussières, le temps d’un arrêt nécessaire avant de repartir. On va faire un tour d’horizon de ma production depuis 2024 pendant deux semaines à la médiathèque d’Agneaux.

Bienvenue à bord !

Et puis, la médiathèque est un bateau non ?

Cette exposition présente ma production depuis 2024. Ce n’est pas un simple bilan chronologique.
Elle est avant tout un retour sur mon travail. Ce regard sur mes œuvres que j’ai parfois montrées une seule fois, à l’occasion d’une exposition, puis rangées dans un recoin de ma mémoire, dans une pile, dans un placard. Avec le recul, cette logique m’a toujours paru étrange. J’ai souvent présenté mes séries une, deux, parfois trois fois, avant de passer à autre chose, presque par nécessité. Je n’aime pas exposer sans montrer de nouvelles choses.

Cette exigence m’a amené à produire beaucoup. Aujourd’hui, il m’arrive d’oublier ce que j’ai fait. Alors, revenir sur mes œuvres est devenu une nécessité. Comme beaucoup d’artistes, je me pose des questions sur ma pratique, sur ma place. Je me suis mis à réfléchir plus profondément sur moi-même.

L’exercice est troublant, long, fastidieux mais fécond.

Une articulation autour de mes univers

J’ai la chance d’occuper la médiathèque d’Agneaux dans sa globalité. J’ai sélectionné un ensemble pour vous présenter un maximum de créations. Pour y arriver, j’ai dépoussiéré et plongé dans ma mémoire et je présente mes tirages d’art, des lavis et de l’encre, de la peinture acrylique…

Ma première intention était d’être exhaustif au maximum mais tout ne rentrait pas…

J’ai pourtant repris et imaginé mon plan de façon précise avant d’installer.
Depuis l’accrochage, je sais. Je ne peux pas tout mettre. Une partie de l’exposition ne présente qu’un avant goût, comme une invitation à en voir plus.

Finalement, revenir sur d’autres œuvres c’est aussi en délaisser quelques unes. C’est difficile, c’est presque douloureux des fois. J’ai tendance à penser que mes dessins sont comme des êtres vivants qui traversent mon environnement personnel, occupent mon esprit quelques temps jusqu’à disparaître temporairement. Cette exposition leur rend hommage et c’est un vrai travail d’arriver à les sélectionner pour en sortir une forme de résumé, sans trahir ce qui a fait naître en moi l’envie de les montrer à l’origine.

Depuis la fin de mon deuxième jour d’accrochage, je sais désormais ce qui sera présenté plus précisément.
C’est parfois compliqué pour moi, intérieurement, de ne pas tout montrer. Mais c’est impossible, car il me faudrait 4 fois plus d’espace. Alors que je dispose déjà de beaucoup de murs.

Embruns : des poussières de mon travail depuis 2024.

Une grande salle pour mes paysages carrés

Une grande partie de mes œuvres sont une représentation de paysages. Il m’a semblé naturel de reprendre là où j’en étais, du point de départ. À partir de ce qui m’a poussé à montrer au public ce que je suis et ce que je fais, à travers la couleur.

Mes carrés de couleurs

La salle d’exposition du rez de chaussée présente la plupart de mes paysages. Parfois, à la limite de l’abstraction et pourtant souvent reconnaissable. Cette exposition est une forme de suite logique et plus complète de celle de la médiathèque de Saint-Lô en 2023. Cette volonté de montrer une forme d’écho à partir de 2024 reste ma première intention.

J’ai donc repris mes 4 séries complètes de carrés de couleurs : Saint-Germain-sur-Ay, Barfleur, Le Vallon de la Dollée et Ouistreham. Mes tirages d’art numérotés en digigraphie.

Trop content de pouvoir les montrer toutes dans un même espace, j’ai réussi à les disposer dans une forme de couloir afin de les voir tous d’un seul tenant. J’ai ainsi conservé le sens de circulation original de la salle d’exposition et je garde cette profondeur disponible qui invite le regard au voyage.
Une salle en forme de bateau vous invite dans mon univers.

Mes carrés au lavis

Tournés vers l’extérieur, mes grands formats au lavis invitent les visiteurs à s’approcher. Je ressors pour l’occasion, des œuvres uniques qui parlent de mes passages sur Cherbourg, Saint-Lô et Avranches. J’ai voulu pouvoir faire le tour de l’exposition et profiter de cette forme de rampe extérieure pour vraiment profiter de tout l’espace disponible.

Mes débuts à l’Acrylique

Je réalise une incursion dans le monde de peinture et tente depuis quelques temps de découvrir une nouvelle forme d’expression un peu plus éloignée des écrans. Ce processus entamé au sein de l’association Art Plume de Saint-Lô. J’ai dédié un mur pour ce process que je dois continuer au mois de mai 2026.


La première peinture représente le Rozel. C’est une copie de mon premier carré, j’ai comme une histoire personnelle avec cette vue, cette photographie qui m’accompagne.
Ce fameux jour où j’ai découvert pour la première fois mon premier carré de couleur et où mon instinct me disait :  » Il y a quelque chose, tu dois le montrer… »

Ma série en cours : Islande

J’ai en tête depuis mon voyage en Islande, en avril 2025, de faire une série de carrés sur ma rencontre avec cette terre volcanique. J’ai sélectionné une vingtaine de photos dont j’ai pour le moment réalisé 4 carrés.
Pour cette série, je commence à m’affranchir de mes contraintes liées à mes carrés de couleurs. D’une certaine façon, je me libère peu à peu d’un point de vue pictural de ma direction prise à mes débuts.

Cette série est un début, et l’espoir de vous la présenter, un jour, dans son intégralité.

Des illustrations en grand format

Comme un parcours pour accueillir les visiteurs et explorer le salon à l’étage, j’ai décidé de vous présenter au moins 2 projets en grand format qui ont marqué 2024 et 2025. Deux sujets d’imagination et d’illustration qui font partie de mon travail en tant que dessinateur avant tout.

Les monstres marins

C’est en 2024 que l’Agglo de Saint-Lô me permet de réaliser une exposition présentant 12 monstres marins. Un travail qui m’a demandé d’imaginer une scénographie très particulière dans cet endroit unique : l’Agglo 21.

Graine de Courge et l’Arbre Mère

J’invite les visiteurs à « feuilleter » le temps d’une montée d’escalier une partie du conte pour enfant écrit par Claire Larquemain : Graine de Courge et l’arbre Mère. Composé de 9 chapitres pour le moment, sous cette forme d’exposition. Je propose une lecture de ces 3 chapitres pour vous donner envie d’en savoir plus.


C’est un long travail d’illustration qui a trouvé place à la Maison de la Forêt de Montfiquet en fin d’année passée. Je suis heureux de vous en remontrer une partie et vous donner envie d’en voir d’autres.
Cette exposition poursuit son parcours sur Cherbourg pour le festival du Livre jeunesse et de bande dessinée de Cherbourg-en-Cotentin du 28 au 31 mai 2026, à la librairie Bande-à-part.

Dans le salon, à l’étage, des fils électriques

J’ai débuté cette recherche à l’École des Arts de Saint-Lô, d’après un livre de photographie de Daido Moriyama. J’y ai découvert une passion pour les fils électriques.

Dessin d’après une photo de Maud Brosse prise en Corée.

Depuis, je pars régulièrement en safari pour trouver quand c’est possible de nouveaux nœuds remarquables. Ma matière première est constituée de photos qui me permettent d’avancer dans mon exploration. Saurez-vous trouver les dessins qui prennent l’inspiration à Saint-Lô et en Corée ?

Mes autres projets en suspens

Une troisième thématique est encore floue, mais peut-être nécessaire. Je vais y poser les autres projets que je n’ai pas réussi à classer pour au moins avoir un aperçu. Je pense évoquer mes autres casquettes d’illustrateurs et peut-être quelques projets en cours que je n’ai pas encore évoqué.

Je me rends compte, après 2 jours d’accrochage que j’en montre beaucoup, et que l’expression « choisir c’est renoncer » prend tout son sens quand on arrive à ne pas montrer pour mieux montrer.

Cette exposition comme une fin de cycle et le début d’une transition.

Depuis plusieurs mois, je travaille à mettre des mots sur mon travail. À l’expliquer, sans le réduire. Je crois avoir trouvé une piste. Remplir mon site, bien entendu mais surtout vous proposer une expérience plus personnelle au plus près de mon travail.

Pour y arriver, je tourne depuis un certain temps des vidéos où je reviens sur mes créations. Je cherche des images archivées quelque part sur mes disques durs et ma mémoire fragmentée. Cette exploration du moi interne me prend beaucoup de temps.

Vous pourrez voir sur place ces vidéos qui expliquent ma démarche par séries. C’est important pour moi de vous montrer l’envers du décor. Comment je chemine dans ma traversée de ce monde créatif qui m’entoure et me propulse au fil des années.

Documenter mon travail, en parler, l’enregistrer, l’écrire, est devenu essentiel. Les artistes sont souvent invisibles, alors même que la création est vitale. Pour moi, dessiner est un besoin primaire. Expliquer ce qui se cache derrière les images, pourquoi je les imprime, pourquoi je m’obstine à créer, fait partie intégrante du travail.

Des paysages carrés

Un lieu a joué un rôle déterminant : Saint-Germain-sur-Ay. C’est l’un des premiers endroits où j’ai conçu une exposition avant même d’avoir les tableaux prêts. J’ai tout fait pour que les œuvres existent pour ce lieu précis. Cette contrainte a profondément influencé ma manière de travailler. C’est peut-être la première fois que j’ai ressenti une telle cohérence entre un lieu, un temps et une production.

Ce que je propose dans ces paysages n’est ni le calme, le refuge ou l’obsession. J’y projette simplement une représentation graphique de mes ressentis sur place. J’ai mis du temps à comprendre que mon travail n’était pas de l’impressionnisme, malgré certaines lectures ou raccourcis de ma part. Je ne me reconnais dans aucun courant précis. Le mot qui revient souvent est apaisant. Peut-être que certains de mes paysages le sont, en partie.

Je suis retourné sur certains lieux plusieurs fois. Pas pour me promener mais pour m’imprégner. Revenir, encore et encore, avec un objectif précis, changer mon regard et mes ressentis. Je ne peins pas le lieu tel qu’il est, mais tel que je l’ai vécu. Les couleurs et les proportions peuvent sembler presque réalistes, mais le traitement est émotionnel avant tout.

La photographie au centre de tout

Le tableau Montagne sablée est, à ce titre, représentatif. C’est sur celui-ci que j’ai pris conscience de mon processus en trois étapes : la couleur de fond, la toile, puis le graphisme. Je le faisais déjà auparavant, mais inconsciemment. Ici, le mouvement du trait est plus maîtrisé, plus dirigé.

La photographie est souvent un point de départ, jamais une fin. Dès qu’elle devient dessin, elle cesse d’être une référence. J’assume pleinement la transformation. La fidélité au réel ne m’intéresse pas autant que la fidélité à ce que j’ai ressenti.

J’ai choisi la peinture numérique par fascination pour l’image et les technologies. Le numérique permet une liberté extraordinaire dans la gestion des couches, des plans, des choix colorés. Mais il empêche aussi certaines erreurs, certaines découvertes. Aujourd’hui, je reviens partiellement au médium traditionnel, comme la peinture et le lavis car les contraintes m’obligent à faire autrement.

Un tableau devient important pour moi quand il s’échappe du reste, tout en participant à la série. Une série terminée, chaque œuvre trouve sa place.

Mes pratiques dialoguent joyeusement.

Des animations durant ces 2 semaines

L’exposition dure deux petites semaines à cheval entre la fin des vacances et la reprise.
Elle sera riche en événements qui vont la rythmer petit à petit au fil des jours et terminer avec l’arrivée du mois de mai tout en douceur.

Des vidéos explicatives

Au fil de l’exposition, vous pourrez si vous avez envie, me retrouver en train de parler d’une œuvre ou d’une série avec des explications plus poussées sur la production de mes créations.

J’ai tellement de choses à dire et à filmer.

Un atelier Ramène ta rue – Mercredi 22 avril 10h-12h

Chaque participant vient avec une photographie de sa rue ou d’un endroit qui a du sens pour le participant. En quelques heures, je vous accompagne pour dessiner cette photographie et en sortir les mots qui vous parlent.

Un concert dessiné – jeudi 30 avril 20h30

Après un long voyage… est un concert d’une heure environ avec Florian et Marie pour raconter une histoire en musique et moi au dessin en direct. Mon credo : une chanson pour un dessin.

Deux visites guidées de l’exposition – Samedi 25 avril et samedi 2 avril – 15h

Le meilleur endroit pour parler de mes œuvres reste quand elles sont exposées. Je prendrai le temps de faire le tour de ce qui est proposé pour vous montrer ce qui se cache derrière chacune et répondre à vos questions bien entendu.

Un atelier temporaire – horaires d’ouverture de la médiathèque


Je déménage mon atelier aux horaires d’ouverture de la médiathèque pour proposer une immersion totale sur place. Ainsi, pour quelques semaines, vous pourrez voir comment je travaille ou un petit aperçu.

Une plongée dans mon travail d’animation

Je vais vous montrer les 3 courts métrages : « The old man and the seed », « Le lutin contre-attaque » « Nuaginaires ».